
MB&F SP One Pavée : 255 diamants pour souligner une architecture
MB&F a présenté le 14 septembre 2026 la SP One Pavée, version sertie de diamants de la SP One lancée l’an dernier. La montre reste la plus petite et la plus fine jamais produite par la manufacture genevoise, et le sertissage y est employé pour souligner l’architecture plutôt que pour l’habiller.
Un croquis resté sept ans dans une corbeille
La SP One inaugure la ligne Special Projects, que MB&F décrit comme une corbeille de projets ludiques dormants, esquissés au fil des années et jugés insensés en leur temps. On y trouvait, selon la maison, des dessins de planches à roulettes et de rasoirs.
C’est l’arrêt d’activité lié à la pandémie qui a conduit l’équipe à rouvrir ces dossiers. Maximilian Büsser, fondateur et directeur de la création, explique que le succès peut devenir toxique en engendrant l’autosatisfaction et l’asphyxie de la capacité d’innovation. Plutôt que de tomber dans ce piège, l’équipe est retournée puiser dans les projets écartés.
Le point de départ tient en une question : « On s’est posé la question suivante : et si l’on faisait ce que personne n’attend, une montre classique élégante ? » Les esquisses datent de 2018 et portaient le nom de code Three Circles. Trois cercles dessinés à la manière d’un smiley, contenant le barillet, le balancier et le cadran, suspendus au cœur d’un boîtier lui-même en apparente lévitation. Le croquis a ensuite été retravaillé avec le designer Eric Giroud, collaborateur de longue date de la maison, avant d’être confié aux ingénieurs.
255 diamants, mais pas là où on les attend
Le sertissage de la SP One Pavée répond à une contrainte de départ : la montre n’a pas de lunette, soit précisément l’endroit où l’on serait allé poser les pierres. MB&F a donc déplacé le sertissage vers le rehaut interne, la carrure et la couronne.
Cinquante-cinq diamants taille brillant occupent ce rehaut, que Büsser a surnommé l’amphithéâtre : une paroi biseautée dont le dessin évoque les théâtres gréco-romains, et qui met en scène le mouvement comme un gladiateur dans l’arène. Ils encadrent l’architecture suspendue et l’éclairent par réflexion. La carrure reçoit une double rangée de 165 pierres serties en pavé, dont la fonction est d’accentuer la rondeur du boîtier. La couronne, placée à 10 heures, en compte 14, et la boucle ardillon 21 de plus, soit 255 diamants au total. Les pierres sont posées serrées, pour produire une surface continue plutôt qu’un éclat.
Le choix du métal marque aussi une nouveauté. Les deux éditions de lancement de la SP One étaient proposées en platine 950 à paroi biseautée bleu ciel et en or rose 18 carats à paroi anthracite. La Pavée introduit l’or gris.
Un boîtier galet sans lunette
Le boîtier mesure 38 mm de diamètre pour 41,9 mm de corne à corne, des proportions rares chez MB&F. Son épaisseur de 12 mm s’explique presque entièrement par les verres saphir bombés qui coiffent le cadran et le fond, traités antireflet des deux côtés. L’ensemble ne compte que 19 composants et l’étanchéité est de 30 mètres.
Un détail de construction mérite l’attention : les cornes, polies à la main, ne sont pas reliées à la partie supérieure du boîtier. Elles s’élèvent depuis la base et laissent apparaître un espace ténu mais perceptible entre elles et le haut de la structure, ce qui accentue l’impression que la montre flotte au poignet. La marque compare la sensation en main à celle d’un galet poli par une rivière.
Trois éléments en apparente lévitation
L’affichage repose sur trois disques de même circonférence, un choix qui a compliqué la conception du mouvement. Les organes de liaison sont dissimulés dessous, les ponts rendus pratiquement invisibles, au point que MB&F souligne la difficulté à repérer une seule vis côté cadran.
Le balancier surdimensionné oscille à 2 heures à 2,5 Hz, le barillet unique squeletté se désarme à 10 heures et sert d’indicateur de réserve de marche, et l’heure se lit sur un cadran auxiliaire incliné à 6 heures. Cette inclinaison n’est pas décorative : elle met en valeur un engrenage conique dont la maison relève elle-même que la fiabilité relève de l’exploit, une solution rare en horlogerie. Sur cette version, le cadran auxiliaire reçoit un fond bleu foncé, des index appliqués et polis et des aiguilles ajourées, là où les éditions de lancement l’affichaient traité DLC noir.
Le mouvement SP One
Développé en interne, le calibre à remontage manuel compte 189 composants et 31 rubis, bat à 18 000 alternances par heure et offre 72 heures de réserve de marche sur un seul barillet. Le fond révèle une architecture de ponts en Y qui laisse voir le rouage et les renvois coniques nécessaires à l’affichage côté cadran.
Les finitions associent des registres classiques et contemporains : toutes les roues sont anglées à la main et dotées de chatons apparents, les angles rentrants soulignent le travail manuel, et les gravures sont exécutées à la main. Les surfaces alternent satiné, poli et microbillé, les ponts étant traités au ruthénium sur les versions de lancement et rhodiés sur la Pavée.
Prix et disponibilité
La MB&F SP One Pavée est montée sur un bracelet en veau bleu clair de 18 mm d’entre-cornes, fermé par une boucle ardillon en or gris sertie. Elle est proposée à 78 000 francs suisses, soit 85 000 euros hors taxes.



Photos : MB&F (mbandf.com).
Sources : le dossier de presse de MB&F consacré à la SP One et l’analyse de Monochrome Watches. Photos : MB&F (mbandf.com).

