
IWC Ingenieur : deux éditions limitées pour les 50 ans du dessin de Genta
IWC Schaffhausen a dévoilé le 15 septembre 2026 deux éditions limitées célébrant les 50 ans de l’Ingenieur SL. L’Ingenieur Automatic 40 référence IW328910 et l’Ingenieur Automatic 35 référence IW324909 sont produites à 1 150 exemplaires chacune et se distinguent des modèles de série par un seul élément : leur cadran.
1976, la troisième montre de Gérald Genta
L’Ingenieur ne naît pas en 1976 mais en 1954-1955, comme montre antimagnétique destinée aux ingénieurs et aux techniciens travaillant à proximité de champs magnétiques. C’est en revanche en 1976 que le modèle prend la forme sur laquelle repose la collection actuelle, avec l’Ingenieur SL référence 1832 dessinée par Gérald Genta.
La chronologie éclaire la place de cette montre. Genta avait signé la Royal Oak d’Audemars Piguet en 1972, puis la Nautilus de Patek Philippe en 1976. L’Ingenieur SL arrive la même année et constitue sa troisième incursion dans ce registre, celui de la montre de sport en acier à bracelet intégré, catégorie alors entièrement nouvelle. Là où la Royal Oak s’appuie sur un octogone et la Nautilus sur une forme de hublot, l’Ingenieur conserve un profil essentiellement rond, adouci, avec une lunette fixée par cinq vis fonctionnelles.
Un point est souvent oublié : la référence 1832 fut un échec commercial. IWC indique que seuls 598 exemplaires ont été fabriqués entre 1976 et 1983. Il aura fallu plusieurs décennies pour que les collectionneurs la redécouvrent et en fassent l’un des modèles les plus recherchés de l’histoire de la marque.
La suite est tout aussi irrégulière. L’Ingenieur disparaît du catalogue à la fin des années 1990, revient en 2005 avec la référence 3227 qui prend des libertés avec le dessin d’origine, est remaniée en 2013 avec la référence 3239, puis quitte de nouveau la collection en 2017. Le retour de 2023 marque un changement d’approche : IWC revient cette fois très près de la 1832, et la collection s’est depuis étoffée en diamètres, matériaux et complications, jusqu’au calendrier perpétuel et au tourbillon.

Un cadran brossé verticalement, tiré d’une variante rare
La signature de ces deux éditions tient au cadran, argenté et brossé, là où la collection courante utilise un cadran quadrillé. Le dessin s’inspire d’une variante peu commune de l’Ingenieur SL des années 1970, que la marque avait proposée avec une finition brossée plutôt que structurée.
Les index appliqués et les aiguilles sont rhodiés et garnis de Super-LumiNova. Le guichet de date, encadré, est placé à 3 heures : sur la version 40 mm il n’entame que partiellement l’index correspondant, alors qu’il le remplace entièrement sur la 35 mm. Le clin d’œil anniversaire se trouve sous le nom Ingenieur : l’éclair habituel cède la place au nombre 50.
« Avec son design distinctif et audacieux, l’Ingenieur SL a façonné à la fois la carrière de Gérald Genta et l’histoire d’IWC Schaffhausen », commente Christian Knoop, directeur de la création de la manufacture. Alexia Genta, fille du designer et cofondatrice de la Gérald Genta Heritage Association, se dit pour sa part honorée que la marque préserve cet héritage artistique.

Deux boîtiers, deux traitements de l’antimagnétisme
Les deux montres reprennent le boîtier en acier des modèles courants, avec sa lunette satinée aux arêtes polies fixée par cinq vis. L’étanchéité est de 100 mètres dans les deux cas. Le bracelet acier intégré, fixé par ses maillons centraux, diffère légèrement : satiné sur la 40 mm, il reçoit des maillons centraux polis sur la 35 mm.
La différence principale se joue au fond. La version 40 mm, épaisse de 10,8 mm, conserve la cage en fer doux et le fond plein, deux éléments directement liés à la vocation antimagnétique d’origine de l’Ingenieur. La version 35 mm, épaisse de 9,4 mm, reçoit au contraire un fond saphir qui laisse voir le mouvement, et renonce donc à cette protection. Le choix est cohérent avec les modèles de série dont elles dérivent, mais il crée une asymétrie : la plus petite montre montre son calibre, la plus grande le cache.
Les mouvements
La 40 mm est animée par le calibre 32111, automatique, cadencé à 28 800 alternances par heure et doté d’un système de remontage à cliquets bidirectionnel qui lui permet d’annoncer 120 heures de réserve de marche, soit cinq jours. C’est une performance peu courante dans cette catégorie.
La 35 mm reçoit le calibre 47110, de même fréquence mais avec 42 heures de réserve. Construit sur une base Cartier 1847 MC, il est visible par le fond saphir, avec sa masse oscillante dorée, son perlage et ses Côtes de Genève. Cartier et IWC appartenant toutes deux au groupe Richemont, ce type de partage de bases est courant au sein du portefeuille.
Prix et disponibilité
L’Ingenieur Automatic 40 IW328910 et l’Ingenieur Automatic 35 IW324909 sont limitées à 1 150 exemplaires chacune et déjà disponibles en boutiques IWC et chez les détaillants. Les tarifs annoncés sont de 14 700€ pour la 40 mm et 12 800€ pour la 35 mm.

